Mario Testino, un Destin glamour

On ne devient pas une légende de la photographie par hasard. Derrière des clichés hors normes se dissimule souvent une personnalité hors pair. Voici le destin très particulier de Mario Testino.

Ses premiers pas dans l’univers de la photo

L’artiste est né au Pérou, d’une mère irlandaise et d’un père italien. Et, tout jeune, il se destine à être prêtre…De l’église à la photographie de mode, il n’y avait qu’un grand pas à franchir. Et il l’a fait. À l’université pontificale, il étudie le droit puis renonce à ses études pour découvrir Londres, seulement, il lui faut un visa étudiant pour pouvoir y rester et seule une école de photographie accepte de lui en fournir un.

C’est donc par hasard que Mario Testino apprendra le métier de photographe.

Il faut dire que le Pérou n’est pas un pays où l’on s’exprime facilement et librement. Sans doute, Mario a beaucoup de choses sur le cœur qu’il n’a jamais pu exprimer. Cette censure, il va la briser allègrement.

Une revanche sur l’enfance ?

Il fera ce qu’on lui interdisait de faire dans son pays natal, comme se teindre les cheveux en rose pour se faire remarquer et vendre avec plus de facilité des books à des modèles – et cela pour des sommes ridicules.  Il faut bien vivre.

Il sait tenir un appareil photo et s’en servir. L’aventure commence.

Aujourd’hui, il est un portraitiste de célébrités régulièrement sollicité par les titres les plus importants de la presse magazine (Vogue, Vanity Fair, V Magazine) et de nombreuses maisons de mode et de beauté. Il est également connu pour ses campagnes publicitaires pour Gucci et Dolce & Gabbana.  Ses couvertures pour Vanity Fair de la princesse Diana ont marqué les mémoires.

Princess Diana by Mario Testino
Princess Diana by Mario Testino

L’art de Testino

Le talent de Testino s’est affirmé lorsqu’il a accepté d’être fidèle à lui-même et d’apporter à la photographie européenne ses racines latines.

« Je suis Péruvien, et j’ai passé une partie de ma vie au Brésil. Je détonais un peu dans ce panorama et j’ai longtemps essayé de faire comme les Français. C’était absurde, je n’avais pas la même culture ou les mêmes connaissances. C’est à partir du moment où j’ai vraiment accepté mon pays, le fait d’avoir le sang chaud, d’aimer le sexy que ma ’magie’  s’est dévoilée. »

Il est toujours attentif aux besoins et à l’intérêt du client, il s’imprègne de leurs univers :

« Je veux comprendre l’essence d’une entreprise, et mettre mon regard, mon expérience au service de quelque chose qui lui appartiendra, qu’elle pourra s’approprier. Ce n’est pas moi la star : ce sont les marques.

Et les marques le lui rendent bien. Car, à leur tour, les marques l’écoutent.

C’est ainsi qu’il propose des modèles comme Cara Delevingne plutôt que Kate Moss à Burberry ou qu’il a réussi à imposer Gisèle Büdchen à une époque où les poitrines généreuses n’étaient pas en vogue dans le milieu de la mode.

Cara Delevingne by Mario Testino
Cara Delevingne by Mario Testino

Testino n’est pas seulement un photographe. C’est un dénicheur de « It girls ».  Un zeste commercial anime également sa démarche artistique ; mais contrairement à d’autres artistes, il en a conscience et revendique la recherche du profit.

« Je mesure le succès d’une campagne à la croissance économique de l’entreprise : si les ventes augmentent, je fais partie de ce succès. C’est quelque chose qui m’obsède. »

Mario Testino et les hashtags

C’est un des premiers à avoir su se servir des réseaux sociaux. En 2015, pendant quelques jours, il prend les reines du compte Instagram de Vogue Paris. Les comptes Facebook du photographe et celui de Vogue Paris furent aussi jumelés. Du jamais vu. Avec un journal illustré en images par le photographe pour Vogue Paris via le hashtag « Couture by Testino ».

Sa marque de fabrique : Des nues minimalistes, des images très simples avec un objet fétiche : la serviette blanche.

Mario Testino's festish object: a white towel
Mario Testino’s festish object: a white towel

Elle est à Testino ce que la chemise blanche est à Lindbergh.  La serviette sert à conserver une pudeur naturelle. La femme ne se cache pas. Elle tient l’objet fétiche de Testino, ce qui lui permet d’affronter sans gêne l’objectif de l’artiste. Elle correspond au drapé des sculptures de Michel Ange et le photographe sait donner à ce simple objet en tissu des reliefs travaillés.  Comme Michel Ange, il a aussi une passion pour les modèles masculins.

En témoigne la récente photographie de Neymar nu dans sa serviette blanche.

Neymar by Mario Testino
Neymar by Mario Testino

L’influence du célèbre photographe britannique Cecil Beaton est clairement visible dans le travail de Testino. Il lui emprunte la simplicité des lignes et des points de vue. Une mise en scène réduite et la recherche de la sincérité du modèle. Il y ajoute sa touche personnelle avec des couleurs vives et un flash sexy.

Pour explorer en profondeur l’art de Testino, un rendez-vous sur son site officiel s’impose (www.mariotestino.com) et pour les afficionados un aller-retour au Pérou pour visiter le musée Mario Testino qui était au départ, une maison du 19ème siècle que l’artiste a acquis puis transformé en musée. La fondation Mate se trouve à Lima et a pour but de promouvoir l’art international.

Mario Testino's portrait
Mario Testino’s portrait

Il va sans dire que Mario Testino est une véritable légende du monde de la photographie de mode.

Partagez-nous votre oeuvre préférée de Mario Testino en commentaire!

Thierry Azzopardi

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