Ellen Von Unwerth, photographe et mannequin…

Ces clichés sont parfois troublants, sexy, provocateurs voir même dérangeants. Von a été la première à photographier Claudia Schiffer et à avoir remporté le premier prix au « Festival international de la photographie de mode » en 1991. Ses photographies de Vanessa Paradis, de Kate Moss, de Rihanna, entre autres, ont fait le tour du monde. Son travail apparaît dans des magazines prestigieux comme Vogue et Vanity Fair. Elle a également assuré les campagnes publicitaires de grandes marques telles que Guess, Chanel ou Diesel. Son œuvre a été présentée dans Archaeologye of Elegance en 2002 et au Fashioning Fiction organisé par le MoMA PS1en 2004. Son roman photo Revenge s’est accompagné d’expositions dans les plus grandes capitales.

Photos cinétiques…

« J’aime saisir et capturer la personne en mouvement tout en racontant une histoire. »

Son secret réside certainement dans le mouvement. Il y a dans ses photographies une mise en scène cinétique qui donne vie à ses modèles. Elle a commencé à prendre des photos de ses amies mannequins en leur laissant choisir leur pose puis a décidé d’imposer une esthétique où la pudeur n’a pas sa place.

Comme le confiait Vanessa Paradis, poser avec Von est un exercice très amusant : on entre dans l’univers de l’artiste et on se laisse aller à ses excentricités car on sent que c’est une véritable artiste. Von Unwerth explore des fantasmes féminins qui lui sont familiers et ne s’embarrasse pas de principes. Ses modèles prennent un plaisir non dissimulé à boire, fumer, manger, etc.

La spontanéité de ses images et le reflet du bonheur qu’on ses modèles n’échapperont pas à l’amateur de photo d’art. En témoigne cette photographie sur laquelle trois très belles blondes croquent ensemble la même pomme d’amour. Erreur finalement car les modèles ne mangent pas, ne boivent, de fument pas vraiment chez Von Unwerth – elles font semblant. L’essentiel est ce décalage entre l’activité proposée et le corps, les regards qui partent ailleurs.

Von raconte la double vie de ses modèles : Vanessa Paradis lisant un magazine mais regardant ailleurs, affichant un désir dont elle seule détient le secret. Objet de désir, mais aussi actrice du désir qu’elle provoque.  Ou bien David Bowie et Kate Moss qui pose lascivement, alors que le sourire et le regard de Bowie ne sont pas posés sur Kate. Dioni Tabbers qui boit du lait mais pense résolument à autre chose. Et Von s’amuse de ses clins d’œil qu’on croyait liés à la virilité. (Voir son livre « Fraulein » consacrée à la sexualité féminine)

Eva Herzigova

Une photographie féminine ?

Von a su se démarquer en donnant du pouvoir à ses modèles qui semblent toujours être maîtresses de leurs désirs.  Des clichés qui, bien qu’ils soient dénués de toute pudeur, n’accable pas les femmes pour autant. Bien que représentées comme des objets de désir, leurs regards restent puissants et jamais avilis. Elles ne sont pas de simples objets de plaisir, mais au contraire, elles participent à la fête- elles sont des détonateurs de volupté. Ellen Von Unwerth a su casser les codes de la photographie de mode et a amené la femme à s’amuser du désir des hommes. En témoigne ce cliché d’une superbe féline qui traverse la route avec un routier qui la prend bêtement en photo du haut de son camion.  

Les hommes sont toujours un peu bêtes chez Von Unwerth. On leur fait facilement tourner la tête. Et elle le sait. Elle confie dans une interview :

“Mon univers est un monde de femmes avec comme accessoires … des hommes (rires) “…

La photographe allemande adore donner à ses modèles des poses de pin up un peu idiotes sans ignorer le pouvoir que ces clichés peuvent avoir sur la gent masculine. Von aime les ingénues, car, bien entendu, elles trompent leur monde. Souvent ses modèles ont une sucette ou un doigt entre les lèvres. Un spectacle qui éveille le désir et dont Von se régale.

Sa série Revenge, par exemple est devenue un classique du genre. Ellen Von Unwerth explore ici son imaginaire avec des photos en noir et blanc qui nous transportent dans un univers mêlant fétichisme et féminité. Les regards croisés de ses modèles sont étudiés avec une grande maîtrise. Les femmes prennent leur revanche, et Von s’en amuse follement.

D’ailleurs, sur les photos que les paparazzi ont pu prendre de la photographe allemande, on la voit toujours arborer un sourire éclatant.

Ellen Von Unwerth

Elle l’avoue elle-même. C’est parce que la photographie l’amusait que le modèle a abandonné l’univers glamour des défilés de mode pour passer derrière l’objectif. Et cela, pour notre plus grand plaisir.

Published by daphneelucenet

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