Dash Luce: Comment je suis devenue mannequin

Chaque mannequin a sa propre histoire, je vais vous raconter la mienne…

Je suis mannequin pub depuis 7 ans maintenant. Dans ma vie, j’ai eu la chance de faire trois couvertures de magazine, de travailler comme mannequin professionnel à Paris, Londres, San Francisco mais également au Cambodge et en Chine avec des marques comme Nike, GoPro, LVMH, Samsung, NYX Cosmetics,…

On me demande souvent comment je suis devenue mannequin, voici donc mon histoire…

Cette petite fille pas très jolie

Quand j’étais petite pourtant, j’étais loin de ressembler à ces jolies petites poupées aux boucles dorées et aux grands yeux. J’avais des airs de petit garçon, pas très mignon de surcroît. Celà étant, j’étais un peu plus grande que la moyenne (ce qui n’est malheureusement plus le cas… du moins pas pour une mannequin “classique”) et d’autres enfants me disaient parfois que j’étais moche.

A l’adolescence donc, je frôlais les murs. Je manquais de confiance en moi.

Cette adolescente déroutée par son image

J’avais le sentiment que lorsque je traversais la cour de l’école, les autres me regardaient, me jugeaient en permanence. Oui, c’est tout à fait idiot, mais il est parfois difficile de se mettre dans la tête d’un ado.

Au collège, je faisais de la natation en compétition. J’adorais nager, mais le parcours entre le vestiaire et la piscine me rendait plus que mal à l’aise.

Et à mesure que le temps passait, je devenais une jeune fille malgré moi. Les garçons commençaient à manifester leur intérêt pour moi. J’ai trouvé ça bizarre… et ce n’était pas suffisant pour me rassurer sur mon image.

A 17 ans, j’ai déménagé à Paris, seule, pour commencer mes études.

L’entrée dans la vie active

J’avais envie de me faire un peu d’argent de poche mais mon emploi du temps à l’école variait d’une semaine à l’autre.

Un jour cependant, j’ai découvert l’événementiel : gérer les entrées et stands sur des salons professionnels. Le job était idéal car ponctuel. Les missions s’étalaient sur un à trois jours sur des créneaux variables.

Un hic seulement, il fallait avoir une “belle présentation”, entre autres. Comprenez “être jolie et soignée”. Un camarade de classe m’avait bien prévenue que ce job était très sélectif et que ce n’était pas donné pour moi.

Mais je me suis lancée, et j’ai contacté quelques agences d’événementiel. J’ai été mesurée dans tous les sens et prise en photo. Finalement, “ça passe”. J’ai eu quelques missions (bien pourries d’ailleurs), puis on m’a demandé de faire un book pour avoir de meilleures photos à envoyer aux clients potentiels.

J’ai donc demandé à un autre ami de l’école qui faisait un peu de photo de me faire deux trois clichés. A l’occasion de ce photoshoot, que j’ai appris qu’apparemment j’étais “photogénique”. Je n’ai jamais trop compris en quoi, mais puisqu’il le dit…

L’entrée en agence de mannequin pub

Puis j’ai été encouragée, petit à petit à faire de plus en plus de photos, castings et concours de beauté (oui bien que ce dernier soit complètement inutiles à mon sens)… jusqu’à ce qu’une agence de “mannequin pub” me convoque pour une rencontre. Ca y est, j’étais mannequin en agence. Un peu par hasard il me semble car je ne me sens toujours pas très Kate Moss finalement.

Entre mon premier photoshoot et cette entrée en agence se sont passés à peu près trois ans. Oui, trois ans, c’est énorme, surtout dans la carrière d’un mannequin. 

Et pour cause, je m’y étais mal prise et je partais vraiment de zéro : zéro contact, zéro connaissance des bonnes pratiques et zéro expérience.

J’ai donc passé ces trois ans à chercher les sites et castings sérieux, à travailler gratuitement pour construire mon book, à passer des heures à trouver des photographes avec qui collaborer,… et à travailler sur mes insécurités également.

Pour ne pas aider, mes premiers shoots étaient désastreux car soyons honnêtes, ni moi ni les photographes n’avions vraiment d’expérience. Je ne savais pas poser, sans parler de la gestion des angles, de la lumière, de la colorimétrie et de la retouche… Quant au décor, maquillage et stylisme, j’en rougis encore. Je débutais quoi.

Acquérir de l’expérience

C’est en trouvant les bonnes personnes, en apprenant en accumulant les heures de shootings et les expériences mal ou pas rémunérées que mon oeil pour la photo s’est affiné.

J’ai aussi compris que ce n’était pas rendre service à mes pairs que de travailler gratuitement pour des missions qui devraient être payées… Ce n’est pas juste et ça tire les prix et la profession vers le bas.

J’ai compris également que parfois et pour avoir exactement ce que l’on veut ou gagner du temps, il faut investir soit du temps soit de l’argent dans sa carrière. Trois ou quatre fois donc au cours de ma carrière, j’ai payé pour un photoshoot car j’avais besoin de nouvelles photos dès que possible, et que malheureusement il est parfois très difficile de récupérer les photos issues de collaborations gratuites… Les agences ont besoin de photos récentes, et trop de fois ai-je attendu plus de quatre à cinq mois pour récupérer des photos… Ca peut se comprendre côté photographe, mais c’est vraiment problématique côté mannequin…

J’ai appris à détecter les annonces bidons, à éviter les interlocuteurs louches…

J’ai commencé à être à l’aise devant l’objectif et à la caméra, à savoir quoi faire, à être présélectionnée ou bookée sur des jobs pour des marques et projets sympas et dont les noms et rémunérations me laissent à chaque fois rêveuse… Et aujourd’hui encore, je vois ces mêmes photographes avec qui j’avais fait mes premiers shoots évoluer et aller toujours plus loin.

C’est simple, investissement en expérience = valeur créée.

L’expérience, c’est le temps passé à aiguiser ses talents et à s’y atteler avec passion.

C’est aussi le moment où la passion pour la photographie peut devenir lucrative.

Aujourd’hui, j’ai atteint pratiquement tous mes objectifs personnels dans le mannequinat:

  • Faire une couverture de magazine : check
  • Parution dans GQ et d’autres magazines : check
  • Pub pour cosmétique : check
  • Passer comédienne : check
  • Affichages billboards : check
  • Etre mannequin à l’internationnal : check
  • Lancer un projet pour aider les autres mannequins à atteindre leurs objectifs personnels : EN COURS !

En effet dans le métier, que ce soit à plein temps ou à mi-temps, on veut toujours plus et toujours aller plus loin. Il est donc important de se fixer des objectifs concrets pour atteindre un premier niveau de satisfaction !

Et vous, quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés dans votre carrière?

L’envie de partager

Mon histoire est donc plutôt celle d’une jeune fille qui a mis du temps à comprendre l’industrie et à identifier ses forces et faiblesses et son marché idéal. J’aurais rêvé avoir quelqu’un pour me guider et m’aider à accélérer dans le milieu. Je n’ai pas eu la chance de tomber sur un agent ou une agence investie dans ma carrière pour me faire réellement progresser. Peut-être n’y ai-je pas mis suffisamment de coeur non plus car je ne comprenais pas assez bien l’industrie.

J’aurais pu entrer en agence trois ans plus tôt si j’avais su, et mieux gagner ma vie donc même en tant qu’étudiante…

J’ai donc décidé de lancer Elytiz.

Le concept est le suivant : créer une communauté soudée et un set d’outils et de ressources pour facilier la vie des mannequins et photographes professionels.

Et vous, quelle est votre histoire ?

Je souhaite que ce blog parle de vous, de votre opinion et de votre propre histoire.

Ainsi, si vous vous intéressez au monde de la photographie et que vous voulez soutenir l’initiative, écrivez-nous à info@elytiz.com. 

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